Lire en ligne LA CRISE DE L'ESPRIT (version intégrale : les deux lettres) pdf

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LA CRISE DE L'ESPRIT (version intégrale : les deux lettres)

  • ISBN: B01A1LGU3I
  • Author:
  • Langues: Français
  • Évaluation: 4.2/5 (Votes: 1110)
  • Broché: 17 des pages
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Description du produit

Valéry et la politique de l’esprit


Connu pour son œuvre poétique, ses réflexions philosophiques et ses contributions à l’esthétique et à la théorie littéraire, Valéry fut aussi un penseur de l’Histoire et de la politique internationale, dont la vie même est étroitement liée à des conflits internationaux majeurs. Né en 1871, à la fin du conflit franco-prussien, il mourut en 1945, à l’issue de la seconde guerre mondiale.
Valéry livre dans ces célèbres lettres sur La Crise de l’Esprit l’une des premières analyses de l’impact intellectuel de la Première Guerre Mondiale et de la déroute des valeurs humanistes qui lui fut associée.
Son œuvre de réflexion sur l’esprit mérite un nouvel éclairage au-delà de la célèbre citation qui ouvre "la Crise de l’Esprit" : "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles".
C’est bien l’ouvrage en entier qu’il faut lire, car Valéry demeure aujourd’hui éclairant pour mieux saisir la question spirituelle bien au-delà du simple discours religieux.
Ecrit en 1919, la civilisation dont Valéry parle est celle de l'Europe. "Nous", ce sont les "modernes", et "maintenant", c'est l’après la guerre de 14.
Que s'est-il passé ? Nos immenses navires chargés de richesse et d'esprit ont fait naufrage. Phénomènes extraordinaires, réalisations brusques, déceptions brutales. L'âme européenne, formée de milliers de penseurs différents, agonise. Crise militaire, économique et surtout intellectuelle.
La connaissance est impuissante, la science, déshonorée, les croyances sont confondues et même les sceptiques sont désarçonnés.
Comment saisir cette crise ? Quel est son véritable point, sa phase ? Qu'est-ce qui caractérise cette modernité ? Le désordre. La culture européenne est une mixture d'idées contraires et de principes opposés.
Des millions de spectres y coexistent.
L'idée de culture et d'intelligence est en relation avec l'idée d'Europe. Tout ou presque en est venu. Mais cette inégalité par rapport au reste du monde devra se changer en son contraire, car l'Europe est peu peuplée, et les grands nombres finiront par prévaloir. L'esprit européen est-il susceptible de se diffuser ? Avons-nous quelque liberté contre cette conjuration menaçante ?
En 1933, Valéry déplorera que la crise de l'esprit se généralise. Même la science a renoncé à l'idéal d'unification. Les croyances s'effondrent. La sensibilité s'étiole. Des moyens puissants de symbolisation et de graphie rapide tendent à supprimer l'effort de raisonner. Les superstitions se répandent, le monde devient futile et la mode entretient une police de l'imitation. Nous n’avons plus le loisir de mûrir des œuvres comparables à celles des siècles passés.
Nous entrons dans l'avenir à reculons. Il est dangereux de vouloir prévoir l'avenir à partir du passé récent : le genre humain s'est engagé dans une aventure extraordinaire, mais où le conduit-elle ?
Valéry fut étroitement lié à l’une des plus étonnantes tentatives pour répondre à cette crise, en participant aux travaux du Comité international de coopération intellectuelle créé entre les deux guerres, sous l’égide de la Société des Nations, pour réunir et faire débattre les plus grands intellectuels européens, écrivains, artistes et savants, qui donnera naissance à l’Unesco. Valéry y rencontra Einstein et Thomas Mann.
Les dernières années de sa vie, le poète s'efface devant le penseur du temps présent, le passeur de la culture en Europe.
Une autre facette incontournable de Valéry : celle du philosophe et penseur, qui fait part de son malaise face à la décadence engendrée par ce siècle de nouveautés, mais aussi de perdition pour l’âme humaine et l’homme en général.
C’est un cri précurseur contre l'"érosion de la sensibilité", l'"étrange bestialité du temps" et les "niaiseries de la politique". Pour Valéry, le monde s'était déjà écroulé, il restait à sauver l'essentiel.